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Voyage en Antarctique avec Luc Jacquet

Rencontre avec Luc Jacquet

Passeur d’images, de science et d’émotions

Le 1er novembre 2021, Le Commandant Charcot, premier navire de haute exploration polaire de la compagnie PONANT, appareillait depuis Punta Arenas, au Chili, pour sa toute première croisière à destination de l’Antarctique. À son bord, un passager à l’enthousiasme non dissimulé : le cinéaste Luc Jacquet. L’occasion de (re)partir en quête d’images et d’émotions au cœur des glaces de ce Continent Blanc qui le fascine tant.

Premier contact avec le Continent Blanc

Voilà 30 ans que Luc Jacquet voyage en Antarctique… La première fois, c’était en 1992, le temps d’un hivernage de 14 mois sur la base Dumont d’Urville, en Terre Adélie. Il avait 24 ans et terminait une maîtrise de biologie animale à Lyon. Après avoir répondu à une annonce – « Cherche étudiant dans le cadre d’un programme d’ornithologie en Antarctique » –, il embarque pour la première fois vers l’inconnu de la Terre Adélie, aux côtés d’une équipe du CNRS, pour recenser mammifères et oiseaux marins. Plus insolite, il s’est également retrouvé à « jouer » les cameramen pour le réalisateur suisse Hans-Ulrich Schlumpf. Une rencontre avec l’Antarctique qui, il ne le savait pas encore, ferait chavirer sa vie à jamais. La naissance d’une passion pour les immensités australes, le sentiment de liberté qu’elles lui procurent, la majesté de sa faune… mais aussi une passion pour l’image et le cinéma. L’Antarctique est « une terre extrême, portant en elle cet a priori fantasmatique, ce goût de l’aventure, de l’ivresse du lointain. C’est un lieu d’une beauté folle aux paysages d’une pureté absolue, violents, lunatiques. Une terre de contrastes aux dimensions démesurées. Le cinéma adore ça ! »

Voyage en Antarctique avec Luc Jacquet

Passion impériale

De son premier face-à-face avec le manchot empereur, Luc Jacquet s’en souvient comme si c’était hier et reste depuis intarissable sur la beauté et la majesté de cet animal. Un attachement personnel et intense dont le cinéaste nous livrait en 2005 un témoignage bouleversant avec la sortie sur grand écran de La Marche de l’empereur. Un premier long-métrage visuellement époustouflant, oscarisé en 2006, à travers lequel Luc Jacquet partageait la magie, la noblesse et la force de vie de cet oiseau endémique de l’Antarctique. Plus de dix ans après, il nous emmène à nouveau sur les traces de son animal fétiche avec son film sobrement intitulé L’Empereur, s’attachant cette fois-ci à suivre le manchot dans une vie plus sous-marine.

L’appel de l’Antarctique

Après cette première fois, il y aura des allers-retours à bord de L’Astrolabe et du Marion Dufresne, des traversées du passage de Drake en voilier, une expédition à bord du Boréal… Et trente ans plus tard, Luc Jacquet ressent toujours cette irrépressible « envie d’y retourner ». Une envie puissante doublée du désir profond de comprendre l’origine de ce « magnétisme des pôles », cette attraction qui le pousse, dès qu’il le peut, à venir explorer encore et encore les vastes étendues du Continent Blanc. « L’Antarctique me procure une émotion que j’ai du mal à qualifier, à apprivoiser. J’ai cette nostalgie de la glace, de l’hivernage, de la banquise. C’est pour moi un plaisir infini que je revisite toujours avec autant d’intention, d’attention, d’intensité. C’est très fort ! »  Et c’est traversé par ces méditations que le cinéaste a répondu à l’invitation de la compagnie PONANT de prendre part à cette croisière inaugurale du Commandant Charcot. Une opportunité à saisir et un privilège à honorer. Une nouvelle occasion de trouver des réponses à ses questions quant à l’origine de ce mystérieux « appel de l’Antarctique ».

Voyage en Antarctique avec Luc Jacquet

Le Commandant Charcot, une nouvelle façon de voyager

Avec Le Commandant Charcot, « il y a une volonté très forte de la part de PONANT d’inventer de nouvelles façons de voyager, c’est évident, observe Luc Jacquet. Les efforts produits sur ce navire pour minimiser son impact sur l’environnement sont certains. » En outre, « je n’avais jamais navigué sur ces mers avec un tel niveau de confort », reconnaît le cinéaste, impressionné par le potentiel du Commandant Charcot, tant d’un point de vue scientifique qu’en matière d’exploration. « C’est un outil absolument formidable » et un véritable porte-voix pour faire passer ses messages. Luc Jacquet a d’ailleurs profité de la traversée pour partager sa passion auprès des passagers. Avec son équipe, il a ainsi organisé de nombreuses séances de dérushage. « Nous nous sommes véritablement mis à nu en décrivant aux passagers de façon quasi quotidienne tous nos secrets de tournage. J’ai vu beaucoup d’intérêt et d’envie de comprendre dans ces échanges qui n’existent finalement pratiquement jamais. Une équipe de tournage vit le plus souvent en vase clos. »

Voyage en Antarctique avec Luc Jacquet

Par la grâce de l’image

Parti avec son équipe sans vraiment savoir ce qu’il trouverait, Luc Jacquet avait tout de même quelques certitudes : « Je n’étais pas venu faire une simple description du paysage. J’étais en quête d’une sensation, d’une vibration intérieure que j’avais envie de partager avec le public. » Et c’est ainsi, en quête de ce nouveau regard à porter sur l’Antarctique, que Luc Jacquet s’est lancé, épaulé de son chef opérateur Christophe Graillot, à la recherche de « la grâce de l’image ». Le tournage est désormais terminé avec, dans les valises, près de 80 ou 90 heures de rushs. C’est considérable ! Une formidable matière brute aussi riche qu’inattendue qui viendra nourrir un projet d’exposition immersive, ainsi qu’un film. « Film que je ne pouvais pas imaginer avant notre départ », confie le cinéaste. Et si tout reste à faire, le réalisateur évoque déjà « une image en noir et blanc qui viendra dessiner une silhouette, probablement l’observateur. Une image tout en contrastes avec l’utilisation de focales particulières pour donner ici et là des sensations de flou, avec l’intention d’être plus impressionniste que purement descriptif. » Un double projet en cours, donc, qui pourrait bien voir le retour de l’empereur en tête d’affiche. « On a tous nos obsessions, confie Luc Jacquet. Lorsqu’un empereur s’approche de vous sur la banquise, c’est un sentiment incroyable. Il n’y a que là-bas que l’on a ce sentiment presque de réconciliation avec le monde sauvage. Un sentiment dont je ne me lasse pas. » Il est là aussi le magnétisme polaire ressenti par Luc Jacquet. Dans l’animalité et la majesté du manchot empereur.

Voyage en Antarctique avec Luc Jacquet

“ Il n’y a que là-bas que l’on a ce sentiment presque de réconciliation avec le monde sauvage. Un sentiment dont je ne me lasse pas. “

Le cinéma, le langage de l’émotion

« Affranchir ceux qui regardent nos images du froid et du temps passé à attendre, pour finalement synthétiser et louer sans cesse la beauté du monde. Le voilà notre métier ! » Au cadre strict du reportage, Luc Jacquet préfère naviguer entre deux eaux, entre documentaire et fiction. « J’aime l’inattendu du documentaire, la force du réel. Mais j’aime aussi l’imagination et le cadre narratif que peut amener la fiction, explique-t-il. Faire du cinéma, c’est ramener un point de vue, c’est prendre part. Vous ne faites pas une image ”objective”. » À chacune de ses échappées en terres australes, Luc Jacquet s’évertue ainsi à parcourir ce chemin louvoyant entre réel et ressenti. Et pour y parvenir, il a choisi un langage, celui du cinéma. « Un langage complexe, jamais figé, qu’il faut apprivoiser. (…) C’est le langage de l’émotion, probablement le meilleur moyen d’aller conquérir les gens » sur la question des enjeux environnementaux. Luc Jacquet le parle en tout cas avec passion depuis maintenant 30 ans, faisant inlassablement le pont « entre la terre et ses habitants, entre les paysages et vous ». C’est sa façon à lui de prendre ses responsabilités, en tant que cinéaste : « Faire ce pont entre la connaissance scientifique, le grand public et mes propres émotions. Autrement dit ne pas être dans une description béate du monde mais garder une part de joie, d’émerveillement. » Car, à la fin, « il faut s’émouvoir d’abord ».

Voyage en Antarctique avec Luc Jacquet

Passion partagée

En 2011, entre deux rencontres « impériales » et une plongée au cœur des forêts primaires (Il était une forêt, 2013), Luc Jacquet montait à bord du Boréal pour le tournage de La Glace et le ciel, film documentaire réalisé dans le cadre de son association Wild-Touch, retraçant la vie et le travail de l’explorateur et glaciologue Claude Lorius. À ses côtés sur le sister-ship de PONANT… Claude Lorius lui-même, qui fête ses 80 ans à bord ! L’occasion pour Luc Jacquet de recueillir le récit de celui qui reste l’un des plus grands « prêtres » de la science et l’un des premiers à avoir alerté le monde quant à la question du réchauffement climatique. En mai 2015, le film recevait les honneurs de la cimaise cannoise, en clôture du festival, et Luc et Claude une émouvante ovation en fin de projection.

 

Découvrez une sélection d’images tournées par Luc Jacquet et ses équipes lors de ce voyage en Antarctique à bord du Commandant Charcot :

 

Crédits photos : ©Studio PONANT; ©Sarah Del Ben

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