Olivier Levasseur : l'histoire du pirate La Buse

Une légende, un mystère, un code jamais décrypté : où est caché le butin de La Buse ?

Olivier Levasseur, personnage historique ou légende folklorique ? Les deux, mon capitaine ! Depuis sa mort en 1730 à la Réunion, ce glorieux pirate français, plus connu sous le nom de La Buse, suscite toujours autant de mystère et de fascination. À l’image de son insaisissable trésor perdu, objet de tous les fantasmes et d’une formidable chasse au butin, commencée il y a maintenant près de 300 ans…

Pirate des Caraïbes

C’est à Calais qu’Olivier Levasseur voit le jour à la fin du XVIIe siècle. Fils de flibustier, il signe ses premiers faits d’armes au début du XVIIIe, à bord de La Reine des Indes. À l’époque, Levasseur officie dans la mer des Caraïbes en tant que corsaire au service d’un roi de France engagé en pleine guerre de Succession d’Espagne.

Mais à la fin du conflit, en 1714, Versailles n’a plus besoin de ses corsaires. Pas question cependant pour Levasseur de regagner la métropole. Il devient pirate, d’abord sous la bannière de l’Anglais Benjamin Hornigold, puis à son propre compte. Levasseur se forge alors une solide réputation. Celle d’un redoutable prédateur, fondant sur ses proies à la vitesse d’un rapace… On le surnommera La Buse !

Sur la route des Indes


Les eaux caribéennes deviennent de plus en plus périlleuses : la chasse aux pirates menée par les puissances coloniales est harassante. Pour La Buse, il est temps de filer. Direction la route des Indes et les côtes africaines. Le golfe de Guinée d’abord, en 1719, puis l’océan Indien et l’archipel des Mascareignes l’année suivante. Levasseur jette l’ancre à l’île Sainte-Marie, imprenable repaire de forbans, à l’ombre de Madagascar. Il y rencontre du pirate anglais John Taylor, avec qui il s’associe.

Coup de Bourbon

Le 26 avril 1721 est à marquer au fer rouge dans l’histoire de la piraterie. Ce jour-là, La Buse et Taylor font route vers l’île Bourbon (actuelle île de la Réunion). Dans leur ligne de mire, le Nossa Senhora do Cabo ou Vierge du Cap, un vaisseau amiral portugais de 800 tonneaux et 72 canons, amarré au port de Saint-Denis après avoir subi une sérieuse avarie. À son bord, le comte Ericeira, vice-roi des Indes orientales, et dans ses cales, près de dix ans de trésors accumulés : or, diamants, bijoux, épices, étoffes et autres bois délicats. Après un dur combat, La Buse et Taylor s’emparent du navire et de son fabuleux butin, estimé à plus de quatre milliards d’euros ! La Vierge du Cap devient Le Victorieux, le nouveau et puissant navire d’Olivier Levasseur.

La naissance d’un mythe

En 1724, profitant de la charte de clémence offerte aux flibustiers par le roi de France, La Buse décide de prendre sa retraite sur l’île Sainte-Marie. Finie la piraterie ! Mais il se refuse à restituer son trésor, pourtant condition sine qua non à l’amnistie royale. Levasseur tente alors de se faire oublier en jouant les pilotes dans la baie d’Antongil, au nord-est de Madagascar… Mais en 1729, La Buse est reconnu et ramené fers aux pieds sur l’île Bourbon pour y être jugé. La sentence est rapide : la mort par pendaison.

« Avec ce que j’ai caché non loin d’ici, je pourrais acheter toute l’île », aurait-il confié à son geôlier. Et le jour de son exécution, sur l’échafaud, la corde au cou, il aurait jeté à la foule un mystérieux cryptogramme en criant : « Mon trésor à qui saura le prendre ! » Le début d’un mythe et, avec lui, celui d’une formidable chasse au trésor. Si, en 1934, l’historien Charles de La Roncière est le premier à publier une traduction du message codé, le texte reste obscur. D’ailleurs, s’agit-il d’un texte ? Encore aujourd’hui, ils sont nombreux à tenter de déchiffrer le document et à vouloir mettre la main sur le trésor de La Buse : de la Réunion aux Seychelles, de Maurice à Rodrigues jusqu’à Juan de Nova, chaque île de l’océan Indien est un coffre-fort dont il faut trouver la clé.

Mais alors, ce trésor, rêve ou réalité ? Un peu des deux… Si l’authenticité du cryptogramme paraît peu crédible, l’énigme et la curiosité qu’il suscite depuis trois siècles sont, elles, bien réelles. De quoi rendre éternel le mythe du pirate La Buse, devenu une figure incontournable du folklore de l’océan Indien.

 


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