Avec Sylviane de Tracy, au cœur des Philippines
Dans les Visayas, au centre de l’archipel philippin, les îles apparaissent les unes après les autres dans un entrelacs de récifs coralliens, de cocoteraies et de villages tournés vers le large. Sylviane de Tracy, directrice Recherche & Développement Croisière pour PONANT EXPLORATIONS, y a mené un repérage afin de proposer un voyage aux Philippines toujours plus immersif et authentique. .
Un voyage entre terre et mer
Entre mer de Chine méridionale et océan Pacifique, les Philippines rassemblent plus de 7 000 îles dont la mer reste le lien naturel. « Découvrir les Philippines par la mer relève presque de l’évidence géographique. Dans les Visayas, les distances se lisent moins sur une carte qu’au fil des traversées, des changements de cap et des allers-retours imposés par cet archipel dispersé », constate Sylviane de Tracy. Pour autant, sur ces îles reculées, les infrastructures maritimes sont souvent élémentaires, « la plupart des débarquements sur les rivages se feront donc directement en zodiac », précise-t-elle.
Aux Philippines, les déplacements terrestres constituent une véritable expérience en soi — les routes traversent les villages, longent les marchés, croisent tricycles (sorte de moto tuk-tuk), jeepneys (bus locaux), habal-habal (petites motos pouvant transporter deux passagers derrière le conducteur, adaptées aux îles sans voitures), vélos ou animaux, tandis que le riz sèche encore au bord de l’asphalte. “Sur l’île de Biri, traverser la mangrove à l’arrière d’un habal-habal pour rejoindre en bord de mer les formations rocheuses et les bassins turquoise sculptés par le vent et les marées procure une véritable sensation de liberté.”, raconte Sylviane de Tracy.
Les Jeep américaines abandonnées après la Seconde Guerre Mondiale ont été transformées en transports publics en rallongeant l’arrière du véhicule et en les parant de couleurs flamboyantes. « Les jeepneys deviennent de véritables œuvres d’art, source de grande fierté pour leurs chauffeurs », précise Sylviane de Tracy.
Les Visayas, un archipel à part
Quand les îles se laissent entendre
L’arrivée par la mer modifie profondément la perception du territoire. Avant même de distinguer les maisons sur le rivage, les premiers sons du village parviennent jusqu’au navire. « Les oiseaux, les coqs, les rires des enfants… On entre dans l’île avant même d’y poser le pied », se souvient Sylviane de Tracy. Puis apparaissent les côtes, les cocotiers, et les premières embarcations de pêche à l’approche des villages.
Un voyage au plus près des communautés insulaires
Dans cet archipel encore largement préservé des grands flux touristiques, les traversées dessinent peu à peu une relation plus étroite aux îles et à ceux qui les habitent. Sylviane de Tracy garde le souvenir d’arrivées où tout le village se rassemblait sur le rivage, dans une spontanéité devenue rare sur certaines destinations très fréquentées. « L’approche d’un navire mobilise toute la communauté : les écoles ferment parfois quelques heures et les enfants accueillent les visiteurs par des chants ou des danses traditionnelles ».
La vie quotidienne est encore profondément façonnée par la mer et les savoir-faire qui l’accompagnent. Ici, on construit des bateaux à balancier, on tisse des fibres végétales destinées aux nasses ou aux nattes, on prépare des teintures naturelles et l’on transmet l’usage des plantes médicinales. « On trouve aux Philippines un artisanat et des objets de vannerie magnifique. Cette dimension immersive fait toute la richesse de ces escales », observe Sylviane de Tracy.
Sous la surface
D’une île à l’autre, la mer guide le voyage. Accompagnés par un guide, vous pourrez explorer en palmes, masque et tuba des récifs particulièrement riches, où les coraux apparaissent à faible profondeur dans une eau d’une remarquable clarté. « Même lorsque le temps se couvre, la visibilité reste étonnante ; en quelques minutes à peine, nous avions déjà aperçu une dizaine de tortues », souligne Sylviane de Tracy, qui conseille également de ne pas manquer de contempler les fabuleux fonds coralliens de Limasawa.
Composer avec l’archipel
Le parc national de Samar, véritable poumon vert des Philippines, est l’un de mes coups de cœur. Vous pourrez l’explorer en randonnée avec des guides-naturalistes locaux, à la découverte des oiseaux et des plantes médicinales, ou en canoë traditionnel en bois le long de la rivière Ulot.
Sylviane de Tracy, directrice Recherche & Développement Croisière pour PONANT EXPLORATIONS
Derrière ces arbitrages se dessine tout le travail de conception propre aux itinéraires d’exploration. Certaines îles séduisent immédiatement par leurs paysages mais ne disposent pas des infrastructures suffisantes pour accueillir un navire sans déséquilibrer le quotidien local ; d’autres révèlent, au contraire, un potentiel inattendu.
« Nous nous adaptons aux îles, jamais l’inverse », rappelle Sylviane de Tracy. Une ligne de conduite qui traverse l’ensemble du projet et qui suppose d’observer attentivement la manière dont vivent ces communautés avant même d’y envisager une escale. Loin des grands ports fréquentés par les navires de forte capacité, le voyage impose une autre cadence, plus attentive aux îles et à leurs habitants.
L’âme des Visayas
Au terme de ce repérage, ce ne sont pourtant ni les récifs coralliens, ni les forêts de cocotiers, ni même les paysages volcaniques qui reviennent d’abord dans les souvenirs de Sylviane de Tracy. « C’est surtout le peuple philippin qui donne au voyage toute sa profondeur », confie-t-elle. Partout dans les Visayas se retrouve cette même manière d’accueillir, de saluer, avec une générosité presque instinctive, aussi bien dans les villages isolés que dans les villes portuaires.
Les enfants de Limasawa
Parmi les souvenirs les plus marquants de Sylviane de Tracy revient souvent cette arrivée à Limasawa, une île frappée quelques années plus tôt par un cyclone dévastateur. Pour aider les enfants à retrouver des repères après la catastrophe, les habitants ont créé des ateliers de chant, de dessin et de musique. Aujourd’hui encore, les jeunes du village accueillent les visiteurs par des chansons consacrées à la nature et des dessins réalisés collectivement.
Une scène qui raconte peut-être mieux qu’aucune autre ce qui traverse les Visayas : une relation profondément insulaire au territoire, faite de résilience, de ferveur et d’ouverture aux autres.
Un peu d’histoire
Crédits photos : ©PONANT / J. Fabro / S. De Tracy ; ©StudioPONANT / O. Blaud
PONANT vous y emmène
Explorez les trésors naturels et culturels des Visayas






