À la découverte des trésors naturels des îles subantarctiques

Cap sur ces îles secrètes et sauvages avec Sandrine Erwin-Rose

Les îles subantarctiques d’Australie et de Nouvelle-Zélande, situées dans l’océan Austral, sont des endroits isolés et sauvages de toute beauté. Elles abritent une faune et une flore parmi les plus abondantes et les plus singulières au monde. Sandrine Erwin-Rose, responsable des opérations des expéditions PONANT dans la région Asie-Pacifique, nous donne un aperçu de ces îles secrètes et elle nous présente certaines de ses espèces endémiques.

Cap sur ces terres secrètes et sauvages avec Sandrine Erwin-Rose

Qu’est-ce qui rend les îles subantarctiques d’Australie et de Nouvelle-Zélande si uniques ?

Les îles subantarctiques se composent de cinq groupes d’îles (les îles Snares, Bounty, Antipodes, Auckland et Campbell) appartenant à la Nouvelle-Zélande, plus l’île australienne Macquarie. Elles sont situées dans l’océan Austral entre 47° et 54° de latitude Sud, dans les « quarantièmes rugissants » et les « cinquantièmes hurlants », entre les convergences antarctique et subtropicale. Leurs tailles sont très variables, la plus petite est l’île Bounty (135 ha) et la plus grande est l’île d’Auckland (53 000 ha).
Ces minuscules étendues de terre dans l’océan entre la Nouvelle-Zélande et l’Antarctique, sont un refuge pour de nombreuses espèces de flore et de faune endémiques . Plusieurs petites îles des groupes de Snares et d’Auckland sont dans un état de conservation irréprochable et font partie des rares endroits sur terre qui n’ont littéralement jamais été touchés par la main de l’homme. Leur isolement a permis l’évolution indépendante de plusieurs espèces, ce qui en fait un terrain fascinant pour l’étude scientifique de la biogéographie insulaire, comparable aux îles Galapagos. L’île Macquarie présente également la caractéristique géologique unique d’être le seul endroit au monde où les roches du manteau terrestre (la roche en fusion située à 6 km sous le fond de l’océan) émergent.

Quelle faune endémique trouve-t-on dans les régions subantarctiques ?

Ces îles présentent un intérêt particulier pour les biologistes et les naturalistes, en raison du grand nombre d’espèces endémiques qu’on y trouve. Lorsque l’on visite ces îles, on ressent à la fois une grande admiration et une grande humilité devant le nombre de plantes et d’animaux que l’on peut observer et que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur terre.
Des espèces d’oiseaux comme le cormoran (shag) et les sarcelles (un sous-groupe de petits canards), aux capacités de vol limitées ou inexistantes, ont évolué de manière autonome sur les îles. Le cormoran des îles Bounty, par exemple, ne se trouve que sur certaines petites îles escarpées et exposées des îles Bounty. On dénombre seulement 500 à 600 individus, c’est le cormoran le plus rare du monde.
Le groupe des îles d’Auckland est le plus grand de ces îles subantarctiques et il abrite de nombreuses espèces d’oiseaux endémiques telles que le cormoran des îles d’Auckland, la sarcelle des Auckland, le râle des Auckland, la mésange, ainsi que sept autres espèces d’oiseaux terrestres.
Une part importante de la population reproductrice du manchot le plus rare du monde, le manchot des antipodes (HoihoRapoka/Whakahao), l’une des espèces de lion de mer les plus rares au monde. Bien que les lions de mer s’échouent sur les plages de l’île Macquarie jusqu’à à l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande, ils se reproduisent principalement sur les îles subantarctiques. La population actuelle est estimée à environ 12 000 individus. Les zones de reproduction des îles Auckland représentent environ 68 % de la population totale. Deux autres colonies de reproduction représentant environ 30 % de la population se trouvent également sur l’île Campbell, relativement proche.
L’île Campbell est la plus méridionale des îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande. Située à 700 km au sud de l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande, elle est considérée comme une des régions du monde qui abrite la plus grande diversité d’espèces d’albatros, puisqu’elle en accueille six. On y trouve notamment l’albatros à sourcils noirs, l’albatros à tête grise, le fuligineux à manteau clair, l’albatros hurleur de Gibson et l’albatros de Campbell, qui ne se reproduit nulle part ailleurs. L’une des grandes espèces d’albatros, l’albatros royal du sud, se reproduit également sur l’île Campbell, où se concentrent 99 % des 8 500 couples qui composent la population mondiale.

Quelles sont les espèces les plus rares que l’on peut rencontrer ?

Ces îles abritent également des oiseaux moins emblématiques, mais tout aussi importants, comme la petite sarcelle de Campbell Island (Anas nesiotis), qui ne sait pas voler. On pensait que cet oiseau s’était éteint, mais en 1973, une toute petite population a été trouvée sur l’île Dent, un petit îlot près de l’île Campbell. Onze oiseaux ont été prélevés et élevés avec succès en captivité, puis réintroduits sur l’île Campbell entre 2004 et 2006 pour recoloniser leur ancien habitat, après une absence de 200 ans. Ce sont des oiseaux discrets dotés d’excellentes capacités de camouflage, ce qui rend les estimations de population difficiles, mais le dernier dénombrement de la population en 2009, estime qu’il y avait environ 102 oiseaux sur l’île.
En 1997, lors de recherches sur la sarcelle de Campbell menées par des scientifiques basés sur l’île voisine de Jacquemart, la bécassine de Campbell (Coenocorypha aucklandica perseverance) a été découverte. Ce fut la première découverte d’un oiseau vivant non répertorié en Nouvelle-Zélande depuis 50 ans. Ce petit oiseau endémique s’est ensuite fait une place sur l’île principale de Campbell, après avoir l’éradication des rats de Norvège en 2001. Ces deux espèces d’oiseaux sont vraiment uniques et c’est un privilège absolu de pouvoir les observer dans leur environnement naturel.
À l’évocation des manchots, on peut immédiatement penser à l’Antarctique, mais les îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande et d’Australie sont les sites de reproduction d’un certain nombre d’espèces de manchots, dont les manchots papous, royaux et les gorfous sauteurs, que beaucoup de gens connaissent.
Le manchot des antipodes, le gorfou des Snares, le gorfou huppé et le gorfou de Schlegel, des espèces endémiques de la région, sont quant à elles moins connues. Le gorfou des Snares niche uniquement sur les petites îles Snares et le gorfou huppé se reproduit uniquement sur les petites îles Bounty (26 000 couples) et les îles Antipodes (42 500 couples). Les gorfous de Schlegel, curieux et incroyablement charismatiques, ne se reproduisent que sur l’île éloignée de Macquarie, à environ deux mille kilomètres au sud-est de l’Australie. Avec environ 850 000 couples, la population est considérée comme stable, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour savoir où les oiseaux se rendent une fois qu’ils ont quitté l’île après la saison de reproduction.
Le manchot des antipodes (Hoiho) est le manchot le plus rare du monde, avec deux populations génétiquement distinctes : la population du nord sur l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande et la population du sud sur les îles Auckland et Campbell. La population du nord a subi un déclin de 65% au cours des vingt dernières années et elle est estimée à seulement 265 couples reproducteurs. En 2019, la population des îles Auckland était estimée à 570 couples reproducteurs, tandis que la dernière estimation de la population de l’île Campbell (399 couples reproducteurs) remonte maintenant à 1992, sans aucune estimation récente.
Observer ces animaux endémiques est fascinant, et permet de prendre conscience de leur fragilité. Les menaces naturelles et humaines pourraient potentiellement pousser ces espèces déjà vulnérables vers le seuil de l’extinction. Leur protection et leur sécurité à long terme doivent être une priorité, car la disparition de ces espèces ne peut être envisagée. Il est donc très important de préserver ces lieux uniques que sont les îles subantarctiques.

Quelles plantes survivent sous le climat de l’océan Austral et comment se sont-elles adaptées à ces conditions extrêmes ?

Les plantes sont incroyables et s’adaptent non seulement pour faire face aux conditions difficiles des îles subantarctiques, mais aussi pour s’y développer. Les îles sont toutes venteuses, froides, humides et reçoivent un ensoleillement limité par rapport à leurs homologues plus septentrionales, mais leur diversité végétale est spectaculaire, allant de la forêt côtière aux arbustes alpins et aux prairies. Les îles abritent plus de 250 plantes vasculaires, dont 35 sont des plantes endémiques, et plusieurs d’entre elles ne se trouvent que sur une seule île.
Les plantes les plus spectaculaires à voir et les plus connues sont les méga herbes. Pour Joseph Hooker, le botaniste de l’expédition antarctique de 1839-43 et découvreur de l’île Campbell, les méga herbes de l’île Campbell étaient « un spectacle floral sans pareil au-delà des tropiques ». Ces plantes atteignent de très grandes tailles et leurs fleurs d’été colorées sont tout simplement stupéfiantes. Des noms tels que la carotte de l’île Campbell (Anistome latifolia), le lys de Ross (Bulbinella rossii), la Marguerite Empereur Géante (Pleurophyllum speciosum) et le Chou de l’île Macquarie (Stilbocarpa polaris), évoquent des images que nous associons à des plantes plus familières, mais les noms sont là où les similitudes s’arrêtent. Ces plantes extraordinaires aux feuilles larges et aux fleurs énormes peuvent même vous donner l’impression d’avoir rapetissé jusqu’à la taille d’un manchot.
Elles ont développé des capacités d’adaptation incroyables : leurs grandes feuilles leur permettent de maximiser l’absorption de la lumière du soleil, leurs fleurs aux couleurs vives d’absorber plus de chaleur, la disposition en rosette des feuilles et la couche de poils, d’emprisonner cette même chaleur et accélère la croissance et le développement des graines. La température de certaines de ces plantes été mesurée, et révèle une différence allant jusqu’à quinze degrés d’écart avec leur environnement ambiant ! Les herbes sont également essentielles pour les manchots et les albatros qui les utilisent pour construire leurs nids et abriter leurs poussins.
Les forêts qui abritent le spectaculaire rata du Sud dont les fleurs forment une canopée écarlate ondulant sur les collines des îles Auckland, forment un contraste saisissant avec le bleu et le gris de l’océan Austral.

Lorsqu’on visite les îles subantarctiques, il est impossible de ne pas tomber amoureux de cette faune si particulière et de ces splendides paysages. Qu’il s’agisse de la plus petite et fragile fleur de gentiane qui pousse sur le bord du chemin, des pitreries des gorfous de Schlegel, de la danse d’accouplement envoûtante d’un couple d’albatros royaux du Sud ou de la mosaïque de plantes sculptées par les vents incessants de l’océan Austral, chaque moment restera un souvenir précieux – jusqu’à votre retour, car une visite n’est jamais suffisante !

À propos de Sandrine

Sandrine collabore avec PONANT depuis ses premières croisières proposées dans la région Asie-Pacifique, il y a près de six ans. En tant que responsable des opérations d’expédition pour la région Asie-Pacifique elle est amenée régulièrement à être chef d’expédition à bord des navires, sa mission préférée ! Sandrine est née en Corse mais elle s’est installée avec sa famille en Australie dès son plus jeune âge. Elle a ensuite étudié et obtenu un diplôme de zoologie tropicale, d’écologie et de biologie marine, ainsi qu’un diplôme en sciences de l’éducation. Compte tenu de son parcours, il n’est pas surprenant que la passion de Sandrine soit la conservation de la faune et la protection de l’environnement naturel. Comme beaucoup, Sandrine est une mordue des pôles et ne peut résister à l’appel de l’océan Austral et des régions subantarctiques, l’une de ses destinations préférées.

Photo credit: © Sandrine Erwin-Rose, Nathalie Michel, Margot Sib


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