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4 questions à… Luc Ferry

“Le sentiment du devoir accompli est toujours plaisant, voire rassurant”. Luc Ferry

Dans ses interviews confinement, Escales vous emmène à la rencontre de personnalités régulièrement présentes à bord des navires PONANT. Journaliste, philosophe, artiste ou essayiste, ils vous dévoilent leurs conseils et leurs indispensables pour mieux appréhender la situation.

Vos indispensables en cette période de confinement ?

Je m’en voudrais d’ajouter des prescriptions professorales à celles qui s’accumulent déjà de toute part sur la toile, alors je vous épargne les grands classiques, Platon, Descartes, La Fontaine, Balzac, Camus, et les autres. Même chose pour les séries qu’on trouve sur Netflix ou Amazon-prime et qui sont déjà bien assez diffusées. Très humblement, je vous dirai seulement ce que je lis ou relis. D’abord Marcel Aymé, qui me fait tellement rire, notamment “Le Chemin des écoliers”, puis Emmanuel Carrère, surtout son avant dernier livre, “D’autres vies que la mienne”, que je trouve épatant, bien plus en phase encore avec le temps présent que Houellebecq. J’ai relu aussi, pour la troisième fois, “Une désolation”, de Yasmina Réza, qui me fait tellement rire elle aussi et son “Hammerklavier”, épatant. C’est du champagne, léger en apparence, mais beaucoup plus profond qu’on ne pourrait le croire à première vue.

Vos conseils pour bien vivre cette période ?

Je ne peux rien vous conseiller pour bien vivre la période actuelle, sinon d’en profiter pour faire ce qu’on n’a jamais le temps de faire en période normale. Ça peut aller de ranger ses photos, ses vieux papiers, son bureau ou sa chambre, faire quelques travaux de bricolages, ou lire les ouvrages qu’on n’a pas eu le temps de lire dans l’année parce qu’on était fatigué le soir et qu’on préférait un film, même un peu moyen, à un livre, même plutôt bon, ce que je peux d’ailleurs tout à fait comprendre. Le sentiment du devoir accompli est toujours plaisant, voire rassurant…

Vos projets post-confinement ?

Je ne suis pas certain qu’il y ait vraiment un “après confinement”, en tout cas pas d’un seul coup, comme il y eut un jour de la Libération à la fin de la guerre. Il est plus probable, même si rien n’est certain, que nous allons devoir sortir du confinement en “sifflet”, par étapes progressives, et que nous devrons même apprendre à vivre avec ce virus. Je ne voudrais pas casser l’ambiance, mais ceux qui pense qu’un autre monde est possible, que tout va changer, qu’on va en profiter pour mettre en place des politiques écologistes radicales, pour relocaliser, réindustrialiser, etc. se trompent du tout au tout. Le monde d’après sera comme celui d’avant en plus difficile, plus pauvre et plus contraignant car il faudra bien rattraper le temps et le travail perdus. Je sais que beaucoup de gens voudraient entendre un autre discours, qu’on leur parle d’utopies grandioses, mais je crains que la désillusion ne soit plus grande encore. Je ne sais pas pour vous, mais depuis toujours, ce qui fait, pour moi, baisser l’angoisse, c’est la lucidité, pas les carabistouilles.

Et pour finir ?

Ce qui est sûr en tout cas, c’est que dès que je pourrai repartir en croisière sur un des merveilleux bateaux Ponant, dès que je pourrai y retrouver mes amis de l’équipage et partager des moments de philosophie avec les passagers, je retrouverai une part de bonheur perdu…

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