Les jardins secrets de l’océan
Neuf îles, neuf mondes forgés par le feu et le vent. Au cœur de l’Atlantique, les Açores forment une mosaïque complexe. Sous l’œil aguerri de Sylviane de Tracy, Directrice Recherche et Développement de croisières chez PONANT EXPLORATIONS, portrait de ces terres tranquilles aux secrets préservés.
Le son des Açores ? C’est le chant omniprésent des oiseaux. En bord de mer, dans la forêt, au cœur des vignobles…
Sylviane de Tracy
São Miguel, l’île-mère luxuriante
Porte d’entrée de l’archipel, São Miguel déploie une fresque grandiose. Ses paysages volcaniques, où les lacs de cratères de Sete Cidades côtoient les fumerolles et les sources d’eau chaude de Furnas, témoignent de sa puissance originelle. Mais sa douceur vous surprend tout autant. Imaginez des plantations de thé, les seules d’Europe, qui ondulent sur les collines, ou d’étonnantes cultures d’ananas qui mûrissent lentement sous serre.
Santa Maria, la mémoire de la terre
Retour aux origines, plus au sud, à Santa Maria. Première-née de l’océan, c’est la doyenne des Açores et la seule île sur laquelle vous trouverez des plages de sable blond, offrant un contraste saisissant avec la roche sombre de ses voisines. Moins élevée, érodée par les âges, elle révèle des trésors géologiques : ne manquez pas d’explorer le Barreiro da Faneca, un étonnant petit désert de terre rouge, et les impressionnants orgues basaltiques plongeant dans l’océan.
Le cœur des Açores bat encore au rythme de la pêche et de l’agriculture. Le tourisme n’y arrive qu’en troisième position.
Sylviane de Tracy
Terceira, le cœur historique et coloré
Changement d’atmosphère à Terceira, réputée pour sa joie de vivre et ses festas qui, l’été venu, entremêlent ferveur religieuse et liesse populaire. Son joyau ? Angra do Heroísmo, dont le cœur historique aux façades colorées et aux balcons ouvragés est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais la singularité de l’île se révèle le long de ses routes : à Terceira, vous ne verrez pas de murs de pierre pour délimiter les pâturages mais d’infinies haies d’hortensias. Un spectacle d’une rare poésie en été, qui dialogue avec celui des Impérios, ces chapelles du peuple aux murs éclatants de bleu, de vert ou d’orange. Elles sont le cœur d’une tradition unique : « un mélange de christianisme médiéval et de rites de partage », précise Sylviane de Tracy.
Graciosa, le charme de la discrétion
Plus au nord, Graciosa, surnommée « l’île blanche » pour la couleur de sa roche volcanique et de ses maisons enduites à la chaux, vous dévoile un paysage d’une sérénité rare, ponctué de moulins à vent aux toits rouges, héritage de la présence flamande. Dépourvue de rivières et de cascades, Graciosa a exigé de ses habitants un miracle d’ingéniosité : la construction d’un fascinant réseau de citernes, patrimoine unique destiné à recueillir une eau de pluie des plus précieuses. Dans la caldeira, la visite de la caverne de lave Furna do Enxofre offre une descente au cœur du cratère, sous une imposante voûte de roche volcanique.
Un sanctuaire pour les cétacés
L’observation des baleines, une expérience incontournable aux Açores. L’archipel « se trouve à la jonction de plusieurs courants et sur la route migratoire des cétacés, à la rencontre du Gulf Stream chaud et des eaux froides venues du nord », précise Sylviane de Tracy. De quoi favoriser l’éclosion d’une vie marine foisonnante, faisant de ces eaux l’un des plus grands sanctuaires marins protégés au monde, où se côtoient plus de vingt espèces différentes, entre baleines, dauphins et cachalots.
São Jorge, le vertige des fajãs
São Jorge se vit à la verticale. Son relief spectaculaire, immense échine de falaises tombant dans l’Atlantique, fait le bonheur des randonneurs. Au pied de ces « murailles » se nichent les fajãs, ces incroyables langues de terre fertile conquises sur l’océan. Vous pourrez les arpenter au gré de sentiers côtiers spectaculaires, serpentant entre des villages isolés où la vie, encore aujourd’hui, s’écoule quasiment en autarcie.
Pico, la majesté du géant noir
Face à São Jorge se dresse la silhouette du volcan Ponta do Pico, dominant l’île et ses ports de Madalena et Lajes. Ici, la terre ne se donne pas, elle se conquiert. Sur des champs de lave stérile, les premiers colons ont accompli un labeur titanesque : déblayer la roche pour atteindre un peu de terre, puis utiliser ces mêmes pierres pour quadriller le paysage d’un damier de milliers de murets noirs. Marcher au cœur de ce vignoble, dans un silence minéral, où chaque cep de vigne est protégé des embruns par son volcanique enclos, vous plonge au cœur de l’âme de Pico.
Faial, l’escale mythique des navigateurs
Toute proche, Faial déroule son atmosphère étonnamment cosmopolite. Son secret ? Le port de Horta, point de ralliement mythique de tous les marins de l’Atlantique. Vous pourrez notamment ressentir cette ambiance unique au Peter Café Sport, un bar historique qui abrite une collection de Scrimshaw, cet art de la peinture sur dent de baleine ou de cachalot. « À l’époque de la chasse à la baleine, la seule chose qui n’avait pas de valeur, c’étaient les dents. Le propriétaire du café les acceptait en cadeau ou comme monnaie d’échange. »
Flores, Corvo : promesses de l’extrême ouest
Ultimes sentinelles de l’Europe, ces deux îles classées Réserve de biosphère par l’Unesco vivent en harmonie, à l’écart des routes les plus fréquentées de l’archipel. Flores, véritable jardin d’Eden posé sur l’océan, déploie son exubérance végétale, entre falaises vertigineuses, cascades spectaculaires et lacs de cratères. Sa voisine, Corvo, offre un monde à part, dominé par l’immense et solitaire cratère du Caldeirão, un amphithéâtre naturel d’une beauté saisissante.
Crédits photos : Sylviane de Tracy ; iStock
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Cap sur les Açores



