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2 jours aux Saintes : l’âme de la Guadeloupe

Vue aérienne de la baie des Saintes avec des voiliers au mouillage

Escapade secrète au cœur d’une baie de légende

 

Depuis que Christophe Colomb l’a découvert en 1493, ce chapelet de neuf îles où seuls les vélos, les voiturettes électriques et les scooters sont autorisés, cultive une identité farouche au cœur des Caraïbes. Entre mornes volcaniques et eaux cristallines, artisanat et grand large, un voyage aux Saintes s’écrit au tempo des alizés.

Carnet de route saintois

  • Quelques chiffres : 9 îlots volcaniques, dont seules Terre-de-Haut et Terre-de-Bas sont habitées.
  • Langues : français et créole saintois.
  • À lire : Éloges de Saint-John Perse, pour la musicalité du vent et du sel.
  • Se déplacer : à pied, à vélo… ou en voiturette électrique, sans doute le moyen le plus pratique pour optimiser vos visites en 48 heures.
  • Un sillage historique : l’archipel fut découvert par Christophe Colomb le jour de la Toussaint 1493, puis baptisé Los Santos en hommage à la fête des Saints.

Jour 1 : Terre-de-Haut, sentinelle de basalte

Plage de Terre-de-Haut avec des maisons colorées et des bateaux de pêche amarrés

Aussitôt débarqué, on se laisse porter par l’atmosphère singulière du bourg, où l’absence de voitures préserve le calme des ruelles fleuries. En levant les yeux vers le morne Mire, on aperçoit la silhouette de pierre du fort Napoléon, véritable vigie d’histoire face au large… Son enceinte de style Vauban abrite un musée sur le mode de vie insulaire, ainsi qu’un jardin botanique où de nombreux iguanes se prélassent au soleil.

Le cœur du village incite à flâner entre les maisons de bois aux couleurs vives. Au détour d’une ruelle, poussez la porte de l’atelier de construction navale : on y façonne encore les saintoises, ces barques à la proue effilée nées pour dompter les courants du canal des Saintes. L’immersion se fait alors gourmande face à la baie du Marigot : l’heure de savourer un délicieux tourment d’amour.

Le tourment d’amour… un gourmand secret

Petite tartelette à la génoise moelleuse sur un fond de pâte brisée, le tourment d’amour abrite originellement un cœur de confiture de coco. S’il se décline aujourd’hui à la goyave ou à l’ananas, il demeure le symbole d’une attente : la légende raconte que les femmes de pêcheurs préparaient cette douceur pour tromper l’inquiétude, en attendant le retour de leurs maris partis en mer. Un secret gourmand qui se déniche aujourd’hui au détour d’une ruelle, auprès des marchandes du bourg.

Terre-de-Haut : l’île aux mille détours

Des jardins de corail aux belvédères des mornes, dessinez votre propre escale.

Retour au calme à Terre-de-Bas

 

Vue sur les maisons du bourg de Petite-Anse à Terre-de-Bas parmi la végétation

Une courte traversée vous mène à Terre-de-Bas, l’île habitée la plus secrète de l’archipel. Ici, le rythme s’apaise, loin de l’animation de sa grande sœur. Dans le quartier de Petite-Anse, un bourg de pêcheurs authentique, l’église Saint-Nicolas abrite une voûte en forme de carène renversée : un chef-d’œuvre de charpenterie marine. Au hasard des chemins, on peut encore croiser les rares artisans du salako, s’appliquant au tressage minutieux de ce couvre-chef né d’une tradition séculaire.

Salako, chapeau traditionnel aux Saintes, en Guadeloupe

D’Indochine aux Saintes : l’odyssée du salako

Hérité des marins venus du Tonkin au XIXe siècle, ce chapeau est l’emblème de Terre-de-Bas. Sa confection exige une précision extrême : des lamelles de bambou – le cœur de la tige appelé moha – sont tressées en rayons avant d’être recouvertes d’un tissu de coton. Conçu pour protéger des embruns et de la chaleur, il est aujourd’hui devenu le symbole d’une identité saintoise fièrement préservée.

La flânerie se poursuit vers la plage de Grande-Anse. Tandis que les pélicans scrutent la mer, perchés sur les rochers, les iguanes se laissent apercevoir sur le sentier menant aux vestiges de la poterie Fidelin, témoignage du passé de l’île, autrefois réputée pour ses moules à sucre et ses jarres. La journée s’achève par un repas de poisson grillé savouré à l’ombre d’un flamboyant, au rythme lent de cette terre préservée.

 

Crédits photos : ©PONANT Ludivine Tessier ; Christopher Poplawski ; StudioPONANT/Thibault Garnier ; iStock ; Cc-by-sa-3.0 /Asram

Navire PONANT EXPLORATIONS au large d’une plage tropicale

PONANT vous y emmène

Cap sur les plus belles îles des tropiques

AUTEUR
Mathieu Menossi

Passionné de cinéma et de photographie, historien de formation, c'est à la radio que Mathieu s'initie au journalisme. Des ondes, il passe ensuite au web pour poser sa plume. Ses domaines de prédilection ? Le voyage à travers les livres et les films, les mots et les images. Mais aussi le voyage, le vrai. Celui qui mène à la découverte de nouvelles cultures, à la rencontre du monde et de la diversité de ceux qui le peuplent.

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