Quarantièmes rugissants et cinquantièmes hurlants | Magazine Ponant

40eme RUGISSANTS

Une histoire de vents

Zéphir, mistral, sirocco, vent d’autan … Autant de noms qui évoquent une tête baissée et une main retenant un chapeau ou une casquette prête à s’envoler. D’autres vents soufflent sur l’océan austral : on les appelle 40e rugissants, 50e hurlants, et 60e déferlants. Pour en savoir un peu plus, embarquons pour une virée dans l’hémisphère sud.

Rugissants, hurlants, déferlants : de quoi s’agit-il ?

Les 40e rugissants, 50e hurlants, et 60e déferlants sont des vents que l’on retrouve dans l’Océan Austral, au plus proche de l’Antarctique. Ils portent les numéros des parallèles qui les délimitent, dans l’hémisphère sud. Leurs noms bruyants peuvent effrayer, et à raison : longtemps redoutés en raison de leur puissance, ils ont façonné les routes maritimes des navires qui se hasardaient dans ces eaux.

Une découverte qui ne date pas d’hier

Ces vents ont été découverts par des navigateurs curieux, qui se sont aventurés dans ces eaux tourmentées. C’est notamment le néerlandais Hendrik Brouwer, qui s’est rendu compte le premier que les quarantièmes rugissants lui permettaient de traverser l’Océan Indien plus rapidement. Il a ainsi pu joindre l’Afrique du Sud à Java en un temps record. Un pari risqué pour le 17e siècle, mais gagnant : les temps de trajet ont été considérablement raccourcis.

Un phénomène naturel

En provenance de l’ouest, ces vents ont moins de masse pour les ralentir. En effet, passée une certaine zone, la terre se fait rare. La différence de température entre l’eau et la glace de l’Antarctique crée un mouvement d’air, qui engendre de fortes dépressions. Les vents atteignent donc entre 15 et 25 nœuds, une vitesse considérable qui peut s’avérer dangereuse pour les skippers. S’ajoutent à cela des conditions climatiques extrêmes : les vagues frôlent régulièrement les 10 mètres sous ces latitudes. Wellington, la capitale de la Nouvelle-Zélande, est l’une des seules villes situées entre ces parallèles. Surnommée Windy Welly, c’est une ville très venteuse où les rafales soufflent en moyenne à 70 nœuds.

Des vents mystiques et inspirants

Ces zones, bien que menaçantes, fascinent les marins. Hier, ces vents façonnaient les routes maritimes. Aujourd’hui, ils sont des obstacles redoutables lors des courses océaniques. Les Cap Horniers et les albatros, ces navires et commandants qui ont franchi le Cap Horn, font de ces zones leur terrain de jeu privilégié, malgré la force du vent. Nombreux sont les navigateurs français qui risquent leur vie lors de ces aventures maritimes, notamment durant le Vendée Globe.

Les cinéastes s’en sont même inspirés. Citons Les Quarantièmes Rugissants, un film de Christian de Chalonge inspiré de l’histoire du navigateur anglais Donald Crowhurst. Il met en scène une course en solitaire aux quatre coins du globe, qui s’avère être des plus agitées…

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