Home > Le peuple des rennes
Homme sami en costume traditionnel

Le peuple des rennes

Rencontre avec les Samis

Guide-naturaliste passionnée d’histoire, Cécile Manet parcourt le monde avec PONANT depuis de nombreuses années. Elle a notamment vécu dans les pays nordiques où elle a côtoyé les Samis et a découvert leur culture et leurs traditions. Elle nous en dit plus sur ce peuple fascinant, qui s’est adapté à la vie autour du Cercle polaire arctique en Norvège, en Suède, en Finlande et en péninsule de Kola, en Russie.

Quel est le mode de vie des Samis ?

Toute leur vie quotidienne tourne autour des rennes, au fil des saisons. Au départ, il s’agissait de populations nomades qui suivaient la migration des rennes. Aujourd’hui, la plupart sont sédentaires et se regroupent en petits villages de quelques milliers d’habitants. Les éleveurs ont des maisons en périphérie et leurs terrains peuvent être très étendus. Les enfants apprennent à manier le lasso dès le plus jeune âge pour attraper les petits rennes et les marquer car les éleveurs doivent être en mesure de reconnaître ceux qui leur appartiennent et ceux qui appartiennent aux voisins.

Pendant la période de Noël, certaines familles accueillent des visiteurs et emmènent les enfants faire du traîneau à rennes.

Le peuple des rennes

Quels autres aspects de leur culture traditionnelle perdurent-ils ?

Avec les peaux, ils continuent de confectionner des vêtements, par exemple des chaussures chaudes qu’on appelle nutukat en Finlande, à l’intérieur desquelles on ne met pas de chaussettes mais une sorte de paille sèche.

Leurs costumes traditionnels sont très colorés, il y a toujours beaucoup de bleu, de rouge, de vert et de jaune, des couleurs vives que l’on retrouve sur le drapeau Sami. Les ceintures sont énormes pour pouvoir y accrocher tout ce dont ils se servent… Notamment le couteau, outil qui a d’innombrables utilités, ou la kuksa, c’est-à-dire la tasse en bois, dans laquelle on peut mettre des boissons chaudes ou froides et qui est incassable car elle est réalisée en loupe de bouleau, un matériau très résistant. Les motifs sur la ceinture peuvent indiquer si la personne est célibataire ou non. Leurs costumes sont très importants pour eux, ils sont très beaux et coûtent très cher. Généralement, ils sont faits en feutre, une matière assez lourde.

Combien de rennes les éleveurs possèdent en moyenne ?

C’est LA question que l’on ne peut pas poser, même si les visiteurs sont souvent tentés de le faire. C’est comme si on me demandait combien je possède sur mon compte en banque : cela ne se fait pas.

Le chapeau des quatre vents

Le chapeau des quatre vents est le chapeau sami : chaque corde représente chaque vent. Tous les Samis en possèdent un. Certains y mettent leurs allumettes, cigarettes, tabac, car il fait très sec à l’intérieur de ces chapeaux !

Y a-t-il un vrai esprit de communauté entre les différents éleveurs ?

Oui, ils fonctionnent par familles. Tous les éleveurs qui se trouvent dans une même région rassemblent leurs rennes en même temps : il vaut mieux qu’ils s’entendent bien ! À ce moment-là, ils font entrer les rennes au centre d’un immense enclos puis les séparent selon leur appartenance dans différents enclos qui se trouvent, comme des pétales, tout autour du centre.

Si on partage un repas avec un Sami, contient-il forcément du renne ?

Très souvent! Le plat traditionnel contient de la purée au milieu d’un émincé de renne, servi avec des cornichons et des airelles. Il y a aussi de la soupe de renne. Il y a énormément de façons de décliner le renne qui sont toutes aussi goûteuses… C’est très bon ! C’est du gibier, donc de la viande avec une saveur plus ou moins forte selon la façon dont c’est cuisiné.

Les Samis sont-ils animistes ?

Oui, ils croient en les esprits. Par exemple, les premiers Samis ne connaissaient pas les phénomènes météorologiques, donc les aurores boréales représentent pour eux la queue du renard de feu. Quand on observe ces phénomènes naturels, on se dit qu’il était naturel que ces peuples croient en les esprits… Tout – un arbre, un renne, un caillou, un fleuve – a un esprit. C’est toujours présent dans leurs chants. Il faut toujours respecter la nature, car tout ce que tu fais, la nature te le rendra – en bien comme en mal.

Le peuple des rennes

Le chant de la nature

Les joik, les chants traditionnels samis sont assez similaires dans tous les pays nordiques, et parlent quasiment exclusivement de la nature : du renne, de la relation de l’homme avec la nature, parfois des sentiments que les hommes peuvent ressentir quand ils sont loin de la nature. Les chants sont accompagnés d’instruments, généralement des sortes de tambours, de la peau de renne tendue sur laquelle ils utilisent des sortes de baguettes… C’est une musique envoûtante.

Comment font-ils pour préserver leur culture ?

Depuis quelques années, il existe un parlement sami, installé à Inari, et qui essaye véritablement de défendre les droits et territoires des Samis, en essayant d’en récupérer certains, notamment pour pouvoir permettre la migration des rennes.  Il y a beaucoup de respect pour les croyances et pour les anciens. Aujourd’hui, on voit de plus en plus de groupes de musique qui émergent. Les jeunes se regroupent autour de groupes de hard rock ou de trash, norvégiens ou finlandais de langue same.  En Laponie finlandaise il y a des endroits où les panneaux sont affichés en deux langues : en finnois et en same. Ce sont des langues qu’il faut sauvegarder, autrement cela se perdra.

Crédits photos : ©IStock / ©Studio PONANT/Adrian Freyermuth

Tourisme : Nouvelle-Calédonie, vue rapprochée sur le lagon turquoise avec l'île du pin en arrière plan

PONANT vous y emmène

Partez à la rencontre des peuples du Grand Nord

À découvrir

La Fondation Escama
La Fondation Escama

Aux Bijagos, découvrez la Fondation Escama et le projet de reconstruction d'une école soutenu par la Fondation PONANT

Les brochures Ponant

Vous souhaitez en savoir davantage sur nos destinations d’exception ?

mockup-escales
Des voyages d’exception et des escales confidentielles bientôt dans votre boîte email !
Inscrivez-vous à la newsletter PONANT