Patrick Poivre d’Arvor : Interview d’un homme de Lettres - Magazine PONANT

Pérégrinations littéraires d’un amoureux des voyages

Alors que sort son livre Éloge des écrivains maudits aux éditions Philippe Rey, Patrick Poivre d’Arvor a accepté de répondre à quelques questions autour de ses deux passions que sont la littérature et les voyages. Balade au bras d’un homme de lettres que la vue de l’océan met en joie.


Votre livre s’ouvre sur une citation de Jack Kerouac, l’auteur de Sur la route. Quel souvenir conservez-vous de votre première lecture de ce roman culte ?

J’avais été très impressionné, d’abord, par ce que je savais de la vie de Jack Kerouac. À l’adolescence, je suis allé vers des écrivains plus pour leur vie que pour leur œuvre. Quand je suis tombé sur ce livre, il m’a évidemment énormément emballé. Vers 16 ans, j’ai fait pas mal d’autostop, j’ai beaucoup sillonné les routes. J’étais heureux, et je pensais à ce livre.

Parmi les écrivains que vous évoquez, quel est celui qui avait le plus l’âme d’un aventurier ?

Rimbaud, sans aucun doute. Un aventurier dans l’âme. Il a vécu à Aden au Yemen, à Harare au Zimbabwe. Je suis allé là-bas pour voir. C’est incroyable.

Et Jack London ?

Il meurt à 40 ans à peine. Le froid, la faim, la prison… Il a tout connu ! Tout le monde a lu son Croc-Blanc, cette épopée qu’il a lui-même vécue de la ruée vers l’or. Il raconte si bien la nature sauvage, hostile, et dit aussi très bien les hommes. C’est un personnage très important pour moi.

L’écrivain le plus voyageur de tous ?

Il y a ceux que je cite et puis d’autres, comme Nicolas Bouvier par exemple, un écrivain voyageur suisse formidable. Il y a aussi Bruce Chatwin, un personnage assez extraordinaire que j’ai eu la chance de rencontrer et qui a écrit un très beau texte, En Patagonie.  

Quel rapport entretenez-vous avec les voyages ?

J’aime voyager, être en route. Parce que la vie c’est ça, suivre une route, avancer. J’aime bien essayer d’avancer un tout petit peu plus vite que la vie, enfin c’est une illusion, bien sûr, mais c’est une façon de vivre, en tout cas. De ne pas simplement survivre. Oui, il faut vivre pleinement.

Que vous inspire l’expression : les terres du bout du monde ?

J’adore, j’ai fait à peu près tous les bouts du monde possibles et imaginables. Quand je suis allé au Cap Horn, à Ushuaïa, c’était le bout du monde, la fin. Mais j’ai aussi fait le chemin de Compostelle et j’ai terminé, après Compostelle, au cap Finisterre en Espagne. Le point le plus occidental de l’Europe qui porte bien son nom : la fin de la Terre. Même chose quand je suis en Bretagne, dans le Finistère, ou dans mes Côtes-d’Armor. J’aime bouger, être en mouvement. J’aime Joseph Conrad, lire ces personnages qui ont vu leur littérature nourrie par le voyage.

Un endroit du monde qui vous touche plus que tous les autres ?

Il y en a beaucoup. Globalement j’aime énormément le désert et la mer. S’il y a l’un ou l’autre, je suis heureux.

La mer, les océans… que représentent-ils pour vous ?

J’ai beaucoup écrit sur ce sujet et, avec mon frère, nous allons d’ailleurs sortir un nouveau livre, Héros des mers. J’ai beaucoup écrit sur ceux qui ont sillonné le monde et surtout les mers. Quand je suis au bord de la mer, je vais tout de suite me baigner, quels que soient la saison et l’endroit. Comme Byron, qui avait toujours besoin de nager, où qu’il aille.

PPDA, Eloge des écrivains maudits – éditions Philippe Rey

La playlist de PPDA

Un livre qui marque à jamais… Les Chants de Maldoror, de Lautréamont. Une poésie brute et violente, écrite par un étrange personnage qu’on connaît très mal, qui n’a écrit qu’un livre. Il s’appelait Isidore Ducasse, originaire du Sud-Ouest mais né en Uruguay, comme Jules Laforgue ou Supervielle. Il n’a laissé aucune trace, excepté cette œuvre extraordinaire. Que c’est beau ! L’un des premiers textes que chacun doit lire. Il m’arrive de le lire à haute voix.

Un film qui rime avec liberté… Lion, un film indien qui en dit long sur la liberté et le choc des cultures.

Une musique qui donne envie de prendre le large… Tous les artistes m’offrent un passeport pour l’évasion, et je les en remercie.

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